« Je ne me trouve pas belle/beau » : Sortir du jugement négatif

Je déteste commencer un article par une phrase négative. Mais le fait est là : cette phrase, elle m’a souvent trotté dans la tête. Je ne veux pas généraliser et te laisser croire que je pense que nous vivons tous et toutes la même chose. Alors je vais te parler de moi. De mon vécu et de ce que j’ai traversé jusqu’ici.

« Je ne suis pas assez » : la petite phrase qui tue.

« Je ne suis pas assez jolie, assez mince, assez forte, courageuse, drôle, etc »… sont des phrases que je me suis souvent répétées. Souvent, peut être parce que je suis une fille, (pour les garçons je ne sais pas mais je veux bien des témoignages aussi !), encore plus souvent quand j’étais ado, et cela a duré très tard jusqu’à l’âge adulte.
J’ai passé la majeure partie de ma vie à ne voir dans le miroir et les photos que les traits que j’estimais disgracieux, anormaux, imparfaits, voire honteux. Comme toi, peut-être, chaque bouton, courbe, pli, bosse, était source de jugement, preuve indéfectible de mon mal-être et de mes raisons de me plaindre et de ne pas m’aimer.

Lorsque mes propres critiques sont devenues trop lourdes à porter je suis tombée dans le déni total. Je pouvais croiser des miroirs, je ne me voyais plus. Je fermais les yeux sur absolument tout. Dans la salle de bain je limitais mon regard du front au menton, prenant soin de ne pas regarder dans les détails. Les vêtements que je portais taillaient de plus en plus grand sans que jamais je ne réalise les changements que mon corps subissait. J’ai pris énormément de poids, sans aucune prise de conscience. Tête dans le sable et cul en l’air comme l’autruche, je ne voulais rien voir.
Je ne m’en aimais pas plus, bien au contraire. Moins je regardais et plus j’imaginais le pire. Moins j’affrontais la réalité et plus elle se déformait en un monstre répugnant. C’est d’ailleurs à ce moment là que je suis tombée dans une forme de dysmorphophobie. Mon corps et mon image ne m’appartenait plus. En gros – sans mauvais jeu de mots – je m’effaçais.
Alors bien sûr tu peux te dire que mon cas est extrême et tu aurais sans doute raison. Mais je pense que le fond, quelque soit le vécu est sensiblement le même.

« Et toi, comment tu te trouves ? »

On est d’accord que à cette question, peu de gens oserait répondre : « moi ? J’me kiffe ! ».
Question d’éducation, de culture et d’interprétation.
Quelle personne normalement constituée peut assumer de se plaire, de s’aimer, sans passer pour un gros mégalo ? Ou alors si elle se plait vraiment cette personne là, c’est que ça cache quelque chose ? C’est suspect…
Alors on porte sur soi un regard ultra intransigeant. Rien ne passe : ni les petit défauts du moments, ni ce qui nous constitue tel que nous sommes. Les jambes arquées, les épaules larges, les bras trop mous, un double menton… tout ça, alors que ce ne sont que des caractéristiques physiques qui composent notre corps et aussi notre personnalité, sont souvent reniées en bloc comme erreur de fabrication. Le produit a un défaut : hop, soit on le brade, soit on le jette ! Ca te parle ça ??? !!!
Alors quoi, il faudrait qu’on soit parfait.e pour être acceptable ? Si ça c’est pas mégalo hein ! Mais t’inquiète, j’ai fait pareil, je le fais encore parfois !

ALORS Comment apaiser notre regard sur nous-même ?

Avec le temps je crois que j’ai réussi à apaiser un peu cette violence que je pouvais m’infliger au quotidien. Se voir telle que l’on est, s’accepter, se trouver belle… ne sont que des objectifs assez flous et qui finalement ne correspondent à rien. Il ne sont pas les lignes d’arrivées d’une course menée avec passion et force. On ne peut pas vraiment se dire, « un jour je m’aimerai comme je suis et ce sera définitif ».
Ce sont des états fluctuants d’une journée à l’autre et d’une heure à l’autre aussi parfois. Et commencer par accepter cela est déjà un super bon début !
Même si cet article n’a pas pour objectif de te fournir une recette miracle à l’acceptation de soi, et encore moins à te dire ce que tu as à faire, j’ai quand même dressé une petite liste qui pourrait éclairer ta lanterne.

1 – Ne plus jamais dire : « QUAND ON VEUT, ON PEUT »

Pardon mais… PUTAIN, que je déteste cette phrase ! Faut arrêter avec cette phrase d’accord ? C’est la descente aux enfers assurée !
On a tous plus ou moins été élevé avec cette belle injonction de mer… qui te fait croire que si tu n’y arrives pas c’est qu’en fait tu le veux pas vraiment et que tu peux t’en prendre qu’à toi même !
La volonté n’a rien à voir là dedans, en revanche la culpabilité oui.
Plus tu t’en voudras, moins tu pourras.
Plus tu considèreras que chaque échec est de ton fait, plus tu te feras une belle petite séance d’auto-flagellation inutile. Et tout ça sera totalement contre productif !
Donc on change la phrase « quand on veut on peut » en « je vais essayer et c’est ok si je n’y arrive pas », par exemple, mais si tu en as d’autres je prend !

2 – Education et Réseaux sociaux, le combo plombant !

Un bon moyen de prendre un peu de recul est de comprendre d’où viennent nos réflexes d’autocritiques.

La base de tout est notre culture et notre éducation. Nous avons été élevé dans une culture judéo-chrétienne qui nous a plus appris à nous auto-flageller qu’à nous glorifier. Se plaire c’est être sois disant au-dessus des autres. C’est prendre une place que l’on ne mérite peut être pas. Ou prendre le risque de décevoir aussi.
Mais, en réalité, c’est totalement faux. Ce n’est parce que tu vas t’accepter comme tu es que tu deviendras Beyoncé  (enfin tu peux ! Mais pas l’image de quelqu’un qu’on voit partout et qui efface les autres tu vois?!) ! Ce que je veux dire c’est que l’acceptation de soi peut se faire de façon invisible pour les autres. Ca se passe en toi, c’est intime, petit pas après petit pas. Parfois même le monde autour ne s’en rend pas compte. Et le regard que l’on pose sur soi s’allège comme un ballon gonflé à l’hélium.

L’autre parasite à une auto-bienveillance c’est les réseaux sociaux ! Je me suis longtemps gavée de comptes bien culpabilisants sur les régime kéto, les pinup qui font des squatts à 6 du mat avec bébé dans les bras, et des familles radieuses dans un salon décoré comme Disneyland un 24 décembre. Jusqu’à ce que je comprenne que tout ça n’était que le reflet d’une société ultra compétitive qui a tendance à nous faire croire que tout est facile. Que ce soit d’avoir un corps de rêve (rêve de qui d’ailleurs on sait pas ! ), un sapin de Noël de 2 mètres, jusqu’au fait de s’aimer !

Alors mon conseil pour éviter l’effet pervers : dès que tu vois passer un post ou une story qui te fout le bourdon : tu te désabonnes illico ! Et même mieux que ça tu t’abonnes à ce qui te fait du bien !  Personnellement c’est en me bombardant de comptes inclusifs, grosso-friendly, LGBTQIA+ et créatifs que je me suis nourris d’images positives qui ont contribué à mon acceptation et mon bien-être mental.

3 – Essayer de SE DONNER DE L’ATTENTION :

Ce sera facile certains jours et insurmontable d’autres fois. D’abord on peut commencer par des petits moments quotidiens agréables : un bain, une position confortable, un sourire dans le miroir, un auto massage (bon ça moi perso j’ai du mal ! ça me gonfle très vite), se maquiller le dimanche matin même pour rester devant Netflix, ne pas se maquiller le lundi pour aller bosser, se regarder de plus loin pour voir un ensemble et non plus des détails oppressants.

Ensuite, je te conseille d’essayer un truc assez miraculeux : dire « merci », lorsqu’on te fait un compliment. On arrête de s’excuser, de se justifier, de contredire l’autre en lui disant qu’il se trompe. Non . STOP.  Juste « merci ». C’est hyper dur tu vas voir ! les réflexes sont vite de retour. Mais on essaye. « Je te trouve très belle aujourd’hui » : « merci ». « J’adore ce que tu portes, ça te va super bien » : « merci ». « Franchement t’as assuré c’était super ce que tu as fait » : « merci ».

En entendant et en accueillant les compliments que l’on te fait, tu finiras par y croire toi même. Tu pourras aussi à ton tour, les renvoyer avec autant de générosité, de sincérité et de plaisir que tu les a reçu.

Pour finir ce long article, voici ce que je veux te dire. Objectivement mon corps, ton corps, notre corps, n’est jamais monstrueux ou anormal. Quel qu’il soit. JAMAIS. Il est unique, différent, extraordinaire, mais il n’est pas un monstre à juger, blâmer ou cacher. Tu n’es pas un monstre. JAMAIS. Tu es vivant.e, tu es humain.e, tu es respiration et battement de coeur, tu es. Et c’est tout. Et c’est beaucoup. Et c’est assez. <3

 


Mes petits conseils de lectures qui font du bien :

LA PLAYLIST QUI ME FAIT DU BIEN

(ou qui me fait chialer parce que parfois ça fait du bien d’avoir mal… va comprendre !!) :


 

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